Robert Stephenson Smith Baden-Powell est né à
Londres le 22 février 1857 d'une famille nombreuse. Il perd son père, le révérend
H.G Baden-Powell, professeur à l'Université d'Oxford. Baden-Powell a trois ans
à cette époque. Leur mère, très dévouée, remarquable, pleine de talents et
généreuse, réorganise sa famille du mieux qu'elle peut. Ses enfants
comprirent. Aussi furent-ils obligés par les circonstances de tirer des plans
hors de la maison.


À l'école, Robert Baden-Powell dessine
admirablement bien des deux mains : il est même capable d'écrire de cette façon.
Il fit ses études au collège de Charterhouse. Il était attiré par tout ce
que la nature pouvait lui présenter. C'est ainsi que Baden-Powell a été formé
par l'amour de la nature. La moindre chose l'intéressait. En 1870, il entre à
l'école. Il avait obtenu une bourse. A cette école, il eut la chance d'avoir
des supérieurs plus humains que militaires. En 1876, il a 19 ans. Il entre à
l'école militaire et passa son examen avec un succès remarquable
Nommé au 13e Hussards, il eu encore la chance
d'avoir un colonel donnant plus d'initiatives. C'est alors qu'il prendra la décision
pour que ses hommes se servent de leur cervelle (qu'ils n'attendent pas toujours
ce qu'ils ont à faire). Il se réjouit davantage du fait qu'ils développent
leur propre sens des responsabilités. Aveux eux, il s'adonne donc aux joies de
l'exploration et de la reconnaissance.
Soldat de valeur, excellent éducateur,
Baden-Powell possédait de nombreux talents entre autres journaliste, artiste,
sportif, pour n'en nommer que quelques-uns !
Au cours de plusieurs campagnes militaires en
Afrique du Sud, il donna libre cours à ses talents, ce qui lui permit
d'enregistrer un nombre incalculable de notes.
En Inde, en 1895, il fit construire une route à
travers la jungle : c'est ainsi qu'il a constaté que les difficultés font
ressortir ce qu'il y a de meilleur en soi.
Toujours en Afrique du sud, en 1896, il a connu la
meilleure aventure de sa vie dans l'expédition Matabelée. Son discernement et
son induction firent de lui le plus scout de l'armée britannique. C'est à ce
moment qu'il expérimenta l'uniforme des scouts.

Au cours de sa vie, nous retrouverons Baden-Powell
sur bien des frontières de l'empire britannique : aux Indes, en Afghanistan et
surtout en AFrique du sud.
À titre d'officier, il est un entraîneur
d'homme, c'est un chef à qui l'on obéit parce qu'il donne l'exemple.
En 1897, Baden-Powell est colonel du 5e Dragon de
la garde en Inde. Deux ans plus tard, en 1899, il se trouve avec une partie de
ses forces à Mafeking, en Afrique du sud. Mais la guerre des Boers éclate en
Afrique. Le siège de Mafeking fut au début, et au dire de Baden-Powell
"une grande partie de bluff". Il devait soutenir le moral des Anglais,
et les sauver du ridicule à leurs propres yeux et à ceux du monde entier. Dans
cette sinistre guerre, Baden-Powell eu un beau rôle : il tenait une place assiégée
en territoire britannique. Il devint un héros authentique par son énergie, son
ingéniosité, son audace et son intarissable bonne humeur. La délivrance de la
ville eut lieu en 1900.

Son succès ne devait cependant pas s'arrêter là.
Il fut chargé d'instruire et d'entraîner le corps de police d'Afrique du Sud.
Il préférait de jeunes coloniaux et des hommes ayant de la confiance en eux et
dont on pouvait attendre qu'ils se servent de leur propre tête en cas
d'accident, d'urgence, etc.
Revenu en Angleterre, il reçut le titre
d'inspecteur général de la cavalerie. Cette mission spéciale devait être une
reconnaissance, puisqu'après 5 ans, il fut nommé lieutenant-général. Sa
carrière active ne s'arrêta pas là. Il accepta encore le commandement d'une
division territorial, pour laquelle il établit les règles qui, trente ans plus
tard, devinrent celles de la Home Guard.
Il avait découvert que sa propre vie de scout de
guerre l'avait muni d'une méthode sans rivale pour extraire de chaque individu
ce qu'il a de meilleur en lui.
Les garçons du siège de Mafeking ne pourront
oublier ainsi leur chef. Beaucoup de correspondances s'échangeaient entre lui
et eux. D'autre part, son manuel "Aids to scouting" écrit en 1899 était
utilisé par plusieurs éducateurs comme méthode d'entraînement pour
l'observation et l'instruction des garçons. A la demande de Sir William Smith,
fondateur des "Boy's brigade", il écrivit ses idées sur la manière
dont le "Scouting" pouvait être adapté à la jeunesse. L'intention
de Baden-Powell n'était pas d'écrire une méthode facultative pour les
organisations de garçons déjà existante, mais de lancer un mouvement
autonome.
À la suite de cette demande, il publie "Scouting
for Boys" au prix de quatre sous. Sir Arthur Pearson s'y intéresse et
soutint cette publication dont on vendit plus d'un million d'exemplaires du
vivant même de Baden-Powell. Ajoutons cependant qu'avant décrire ce livre,
Baden-Powell voulut en faire l'Expérience, ce qui s'est réalisé en 1907.

En 1907, Baden-Powell choisit une vingtaine de garçons
dans différentes classes de la société. Ils les amena dans l'île de Brownsea
sur la côte anglaise. Il leur donna ses plans d'ordre pratique et un haut idéal
de vie, leur suggérant l'accomplissement d'une bonne action journalière comme
moyen d'acquérir l'habitude de penser aux autres. Durant les deux semaines
qu'il a vécues avec ces garçons, il les instruisit au moyen de jeux et
d'exercices, il leu révéla l'art de comprendre la nature et de s'en servir,
comment tracer des signes de pistes et se tenir à l'affût. Il leur apprit
aussi à se diriger d'après les étoiles, à se suffire à eux-mêmes, à
cuisiner et à se débrouiller sans se faire servir. Il y ajouta une règle de
conduite, et après avoir consulté plusieurs codes, tel celui de la chevalerie,
il composa la loi scoute en 10 articles. Ainsi, il liait les activités
stimulantes aux résolutions morales.

Il abandonna l'idée de ne proposer qu'une activité
additionnelle aux organisations déjà existantes, pour instituer une
organisation autonome. En effet, les quinze fascicules de "Scouting for
Boys" n'étaient pas encore sortis de presse que déjà des garçons eux-mêmes
commençaient à former des patrouilles avec ou sans l'aide d'adultes. Il
devenait évident que si on voulait éviter les erreurs, il fallait former une
sorte d'organisation.
Baden-Powell eut à choisir : soit continuer sa
carrière militaire, soit prendre la direction des Boys Scouts. Ayant fait son
choix, il démissionna de l'armée. Il fut ridiculisé par les uns, critiqué
par les autres, mais fort encouragé par le roi Édouard VII. Choisir les scouts
fur un risque et un sacrifice, car il était fier de sa profession de militaire.
Baden-Powell était très sociable : il détestait
l'hypocrisie mais n'offensait personne tant il était sincère. Sa foi profonde
trouvait son fondement dans le contact avec la nature. Il ne formula jamais ses
opinions religieuses, mais il a fondé la loi scoute sur des principes que nous
apprenons par la pratique plutôt que par la théorie : les dix articles sont
positifs et vont de pair avec la promesse.
Toujours actif, il n'avait d'autre détente que le
changement d'activité. Il préférait comme sport le camping, l'exploration,
l'alpinisme et d'autres activités de plein-air. Quant à la gymnastique, il se
contente de recommander l'entraînement, le camping et les jeux scouts. Il
dormait dehors le plus souvent possible, faisait ses exercices et sortait avec
son chien, souvent au "pas scout" appris chez les Zoulous.
Baden-Powell avait des habitudes simples. Il cessa
de fumer dans les premières années de sa carrière d'éclaireur, quand il découvrit
que cela émoussait le sens de l'odorat.

En 1920, il est nommé chef scout du monde. À
l'occasion du 21e anniversaire du scoutisme, Baden-Powell est anobli par le roi
Georges V. Il prend le nom de Lord Baden-Powell of Gilwell, du nom d'une propriété
qu'il a reçue de la famille McLaren pour en faire un centre du scoutisme
mondial et une grande école de formation des chefs. Il avait dépassé la
cinquantaine quand le mouvement scout fut bien établi. Il se maria en 1912 avec
Miss Olave St-Clair Soames.
Plus qu'octogénaire, il s'établit au Kenya
dans l'Afrique de son cœur, où il mourut à Nyéri le 8 janvier 1941. Ses
dernières paroles furent les suivantes : «Il est essentiel pour avoir une paix
universelle et permanent qu'un changement total s'accomplisse dans l'esprit des
gens. Il faut une compréhension mutuelle plus profonde, plus solide pour
l'abolition des préjugés nationaux de façon à voir d'un oeil sympathique et
amical tous ces nouveaux compagnons»
